Si je suis là, lamentable, l'âme en peine, inconfortable. Dans cette ville sans visage, cent fois j'ai manqué de courage. Si je m'abîme, si je me brime dans ce décor triste et sublime. Si je me nuis, nuit après nuit, jour après jour, mon amour.
Si je prie et si j'écris, si je vis comme on parle. Si j'écrase mon c½ur vide, pur en extraire l'acide, si je pleure ou si j'implore le ciel, la vie ou la mort. Si je meurs et si je mords, alors j'y pense encore. Si je ris comme tous ces gens, gentiment montrer ses dents. Saluer comme on insulte, faire l'amour comme on exulte. Si je bois et si je noie ma chaude peine dans mon sang-froid. Si je saigne et si je signe de mes larmes ton c½ur indigne. Si je me brise aussi souvent pour une bise un mauvais vent. Si le soleil ne m'atteint pas, si le sommeil ne m'éteint pas. Si mes lèvres traînent mes chagrins, mes regrets de tout et de rien, si mes rêves traînent le matin, au lieu de vivre je me souviens. Si je prie et si j'écris, si je vis comme on parle, si j'écrase mon coeur vide pour en extraire l'acide. Et je pleure ou puis j'implore le ciel, la vie ou la mort. Et je meurs et puis je mords, alors j'y pense encore.
L'acide
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